Il n’y a pas si longtemps Sami m’avait laissé ce texte mystérieux sur mon ordinateur :

« Dans un passé proche nous n’étions que terminaux, réceptacle avec un semblant de pouvoir télécommandé mais guidé en soit vers la prédisposition au calcul d’audimat. Recensement que l’on se tue à reproduire aujourd’hui au travers d’outils aux dimensions d’analyse aussi poussées qu’éprouvées tels que Google Analytics ou autre Statcounter. Sauf qu’aujourd’hui le visiteur ne zappe pas pour assister mais n’est là que pour zapper, sa mobilité même se fait par la transmission de liens qui ne sont autres que les transfuges d’une émission/réception du paquet.
Car là est le fil de cette discussion, nous étions les terminaux télévisés, nous constituons aujourd’hui les noeuds des réseaux sociaux, concentrateur de contenu personnel dans sa dimension la plus schyzophrénique.
Pourquoi tant de vocable? Tout simplement pour annoncer le web de demain, celui qu’on ne désignera plus web, car le réseau ne sera plus l’ossature/ nous en serons l’essence même, nous serons devenus le paquet que beaucoup se complaiseront à désigner comme le 3.0 mais celui ci ne sera jamais sans l’abolition de la trace. Celui qui arrivera en sus d’une crise, enfantera du véritable village global, celui qui est par le réseau mais qui ne s’en contente pas.
Aucune hiérarchistion ni distribution mais seulement une appropriation, celle qui représente l’ère de l’après demain : l’ubiquité par la métadata. Un semblant de futur proche ou l’interface homme machine aura grapillé du terrain du côté de l’homme qui se verra alors modelé et aura « subi » sa pemière évolution. »

Ce paragraphe mystérieux se réfère à plusieurs discussions que nous avons eues ensemble à propos des possibilités du web. Nous nous concentrons plus particulièrement sur des questions topologiques, c’est à dire sur la forme (la mise en espace) des circuits de distribution des contenus.
Ce qui est intéressant c’est que derrière des pratiques déhierarchisées, le web trouve encore une organisation centralisée ou polycentralisée (voir l’article le domaine consacré à ce propos). Observe-t-on au contraire des prémisses d’une déhierarchisation totale du web?
Une des hypothèses proposées serait de considérer une première étape dans le fait que chacun puisse devenir émetteur et récepteur de contenu, ceci deviendra intéressant le jour où il n’y aura plus de besoin de passer par des serveurs qui redistribuent les contenus : plus de noeuds de contrôle.
Un autre point évoqué par Sami concerne les traces, l’avènement d’un nouveau web se ferait à partir du moment où nous aurions la capacité de plus du tout laisser de traces. Cette proposition ramène à la dimension géographique du web. Faisons le parallèle avec l’éthique spatiale de l’antiquité grecque qui consistait à ne jamais construire de routes et à toujours naviguer (voir l’article espace maritime). Utiliser les routes maritimes c’est ouvrir des chemins qui n’ont pas de persistance dans le temps, on ne court pas le risque de figer des relations, d’installer des rapports de pouvoir, de perdre sa liberté etc.