Regard #07 par vous

Recyclart par l’intermédiaire de Vincent Beckman nous a proposé de venir effectuer une session vidéo frushtuk dans le quartier des Marolles à Bruxelles, plus précisément sur la place du jeu de Balle qui est le lieu du marché au Puces de la ville tous les matins.

Nous avions comme impératifs de nous plier au rythme et contraintes du marché, donc de nous comporter comme si nous montions un stand pour les chineurs (emplacement, configuration, horaires) bien que le nôtre n’ait rien eu à vendre et qu’il était bruyant et agité.

Nous avions donc un dispositif formé de flycases blanches qui servaient de régie mobile avec un système de son intégré, relié à une caméra vidéo. Un écran vert de 4 mètres par 2,50 complète l’installation, il marque visuellement une scène sur le marché et permet de remplacer le fond du marché par d’autres images en post-production.

Spectateurs par vous

Il est donc proposé au passant d’effectuer un vidéoclip en playback devant le fond vert sur un morceau de son choix…

Progressivement la substance même du marché aux puces (disques vinyles, accessoires, costumes) est devenu la matière même des vidéos clips, tissant le lien jusqu’à tenu que nous entretenions avec le reste de la place. De jour en jour, notre emplacement même sur le marché s’est renforcé, passant d’un premier emplacement en périphérie le mardi matin à une place centrale le vendredi. Au grès de la migration vers le centre de la place le contact avec le public est devenu plus aisé et le dispositif est devenu une scène.

Regard #01 par vous

Des pistes s’ouvrent alors depuis ce court séjour vers d’autres formes d’intervention sur le marché aux Puces des Marolles…

Elles concernent en premier lieu la question de l’emplacement : où se placer sur un terrain ou chaque périmètre est dévolu à un chaland et ou la position sur le site à une véritable valeur?

En second lieu il y a le rapport entre visible et invisible : le marché contient une esthétique bien particulière qui est souvent invisible, soit parce que la configuration (étalement d’objets aux sol) cache ses objets pour partie soit parce que ceux-ci sont non-visuels : par exemple les vinyles et les cassettes… Se pose alors la possibilité d’une intervention qui prenne pour support unique les objets de ce marché pour composer avec…

Regard #05 par vous

La troisième piste enfin, est économique, dans un lieu ou les rapports économiques sont à la fois très définis et en même temps incertains (la négociation, mais aussi le prix des objets qui baissent au cours de la journée pour être quasi-gratuits en début d’après midi) comment faire une action qui par sa gratuité ne s’inscrit pas dans un premier temps dans ces circuits…

Gratuit-Playback par vous

Ce troisième plan de l’intervention est extrêmement important puisque la présence d’une activité qui ne provoque pas – à priori- de transaction économique et qui aurait même tendance à leur nuire (une installation qui prend de la place, le bruit) est passible d’être rejetée très rapidement ou d’entrer dans un conflit avec les chalands qui soit contre-productif. Sur ce point la réutilisation de la substance du marché, et donc l’introduction des marchandises dans le micro-spectacle des vidéoclips est une piste qui semble avoir eu prise. L’idée d’amener les participants à acheter (avec eux) des vinyles, des accessoires, des costumes (pour un prix extrêmement modique : 2 ou 3 euros au total) permet de faire la connexion entre l’activité habituelle du marché et une action temporaire qui sans ça serait certainement réduite au statut d’OVNI.

En attendant de nouveaux développement de beaux exemples de vidéoclips réalisés aux Marolles sont disponibles ici.